The Dink
Jake Johnson tient le rôle principal dans la dernière incursion d'Apple TV dans l'univers de la comédie sportive, qui cette fois-ci tourne autour du tennis et du pickleball.
On assiste depuis peu à un petit regain d’intérêt pour les comédies sportives, avec Netflix et Apple TV qui se livrent une bataille acharnée pour prendre la tête de cette tendance. « Happy Gilmore 2 » et « Stick » sont sortis en 2025, et cet été a vu arriver « The Hawk », puis « The Dink, les deux plateformes rivales se livrant une bataille acharnée en proposant des films et des séries à un rythme effréné. Mais contrairement aux trois premiers, « The Dink ne s’inspire pas du monde du golf ; on a plutôt affaire ici à une exploration de la fusion entre le tennis et le pickleball.
Pour faire court, le film raconte l’évolution d’un ancien pro du tennis qui se met à adorer un sport qu’il considérait auparavant comme inférieur et comme un simple gadget. Après s’être blessé au poignet, Dustin « The Hammer » Boyd, incarné par Jake Johnson, se tourne vers l’ennemi juré, le pickleball, pour se remettre en forme et retrouver sa condition physique, afin de défendre l’honneur du tennis lors d’une compétition plutôt insignifiante et loufoque où l’enjeu est minime, et pourtant où tout est en jeu…
Dans la lignée de la plupart des comédies sportives, * The Dink * ne se prend pas trop au sérieux. Par moments, l’humour semble un peu exagéré et on a l’impression que ça en fait un peu trop, mais il y a aussi plein d’émotions authentiques et sincères qui donnent à ce film un côté pur et passionné, surtout grâce à la relation entre le personnage principal de Johnson et Candace, sa partenaire de pickleball incarnée par Mary Steenburgen. Ces deux-là forment un duo improbable, mais ils s’entendent bien, même si leur relation connaît des hauts et des bas un peu bizarres qui peuvent parfois te mettre un peu mal à l’aise en tant que spectateur, mais qui sont aussi très admirables à d’autres moments. La relation présentée dans * The Dink * est équilibrée, et elle oscille souvent entre ce qui est efficace et ce qui semble mal utilisé. En l’occurrence, elle penche juste du côté du premier.
Sinon, Johnson incarne à merveille le bouffon d’âge mûr, comme il l’a déjà fait plusieurs fois auparavant. Que ce soit dans *New Girl*, *Self Reliance* ou même son Peter Parker dans les films *Spider-Verse*, c’est un rôle que Johnson sait jouer, et il le fait avec brio dans * The Dink *. Il n’est pas tout à fait un raté complet, mais son manque d’ambition, le fait de vivre constamment dans le passé, la guerre qu’il mène contre ceux qui lui ont fait du tort… tout ça dépeint un homme castré par ses échecs passés, et au final, ça donne une belle profondeur au personnage de Dusty et ça permet de le rendre plus attachant. Et le style de comédie construit autour de Dusty et du film dans son ensemble fonctionne aussi plutôt bien, en penchant souvent vers l’humour physique, les insultes pleines d’esprit et la satire pince-sans-rire, même s’il y a peu de moments où tu vas rire aux éclats. Ce n’est tout simplement pas ce genre de film.
Le reste de la distribution laisse aussi une impression mitigée, Ed Harris faisant de son mieux pour s’imposer dans le rôle du père de Dusty, à la fois dur mais aimant et souvent déçu, ainsi que du directeur du country club autour duquel tout le film s’articule. Mais au-delà des efforts stoïques de Harris, peu d’autres acteurs marquent vraiment les esprits, le caméo inévitable de John McEnroe s’avérant plus efficace et mémorable que les rôles interprétés par Chloé Fineman, Patton Oswalt, Chris Parnell, Aaron Chen, voire Ben Stiller dans l’ensemble. Mais bon, ce film tourne surtout autour de Dusty et Candace, donc c’est pas vraiment une surprise, même si j’aurais aimé que les autres personnages secondaires aient un rôle plus intéressant dans l’histoire.


Même s’il n’est pas parfait, * The Dink * est aussi un film qui ne s’éternise pas et qui offre globalement une centaine de minutes divertissantes. À bien des égards, il s’inscrit dans la lignée des dernières comédies sportives en ce sens qu’il ne cherche pas à repousser les limites ni à innover dans un domaine qui en aurait pourtant bien besoin. C’est un produit typique de son genre, et c’est pour ça que « The Dink finira probablement par s’effacer un peu dans les annales de l’histoire, même si les spectateurs qui décident de le regarder passeront un moment suffisamment agréable pour avoir envie de voir le générique défiler jusqu’au bout.
Au final, * The Dink * est une comédie sportive tout à fait regardable et divertissante, mais comme beaucoup de films d’Apple TV, elle ne laisse pas vraiment de trace et ne parvient pas à être à la hauteur des excellents projets télévisés proposés par la plateforme.
Gamereactor France