Splinter Cell: Deathwatch
Sam Fisher est de retour dans cette adaptation animée de Netflix basée sur la série de jeux emblématique d'Ubisoft.
Lorsque Castlevania est arrivé sur Netflix, l'adaptation en anime de la série de jeux vidéo emblématique de Konami a fait l'effet d'une bouffée d'air frais. Après avoir souffert pendant des années et des années d'adaptations médiocres, cette série est apparue comme authentique et bien ficelée, et naturellement, elle a semblé être une bonne formule pour Netflix et d'autres partenaires vers laquelle tendre à l'avenir. Dans les années qui ont suivi, nous avons reçu des adaptations de Tekken, Cyberpunk, Cuphead, Tomb Raider, Dragon Age, Dota, Devil May Cry, Onimusha, et même le projet d'Ubisoft Captain Laserhawk: A Blood Dragon Remix. Ce dernier projet est un exemple intéressant car, bien qu'il soit bien conçu en soi, comme la philosophie de jeu plutôt familière d'Ubisoft, ces projets d'anime Netflix commencent à se ressembler beaucoup. Il s'agit d'un territoire déjà vu, déjà vu, et c'est le cas une fois de plus avec Splinter Cell: Deathwatch.
Il s'agit d'une série qui s'inspire du matériel d'origine et qui y apporte sa propre touche. Tu n'as pas besoin d'être un maître à penser de Splinter Cell pour comprendre l'histoire et la narration, c'est assez simple et lourd d'explications, même s'il y a quelques clins d'œil au matériel d'origine. Il prend donc la base de Splinter Cell et la transforme en une histoire où le charme qui a rendu les jeux si emblématiques est mis de côté. Au lieu de voir Sam Fisher ramper dans l'ombre et éliminer silencieusement des ennemis sans éveiller les soupçons, nous le voyons abattre violemment ses adversaires et les frapper à mort dans le feu de l'action, le tout polarisé par des conversations dans des pièces hi-tech éclairées par la lumière bleue des moniteurs. C'est comme si on adaptait les premiers jeux de Metal Gear Solid et qu'on les présentait comme un film de Mission: Impossible. C'est divertissant, certes, mais cela passe aussi un peu à côté de l'intérêt du matériel d'origine.
Mais de toute façon, cette série ne parle pas de Sam Fisher dans la fleur de l'âge, alors peut-être qu'avec l'âge, sa tactique et sa technique de combat ont un peu changé. En fait, l'histoire n'est pas vraiment celle de Sam mais plutôt celle d'un jeune agent de Echelon appelé Zinnia McKenna, qui se retrouve mêlé à une conspiration bien plus importante que ce à quoi on aurait pu s'attendre. C'est un incident qui pousse Sam à reprendre du service pour aider à sauver la situation, ce qui conduit à une aventure autour du globe (enfin... surtout en Europe) au cours de laquelle le duo recueille des informations et cherche à empêcher un complot terroriste.
Dans l'ensemble, c'est une histoire plutôt simple et je reconnais les quelques surprises et rebondissements qu'ils introduisent en cours de route. Ils ne sont pas du tout aussi télégraphiés que certains rebondissements dans les médias modernes, mais ils ne vous frappent pas non plus comme un éclair. Cela s'explique en partie par le thème générique de la série, qui est assez subtil et manque d'impact, ce qui signifie en fin de compte qu'il ne s'agit jamais d'un sujet à suspense ou d'une tension à couper le souffle. Il s'agit simplement d'une télévision regardable qui s'adresse peut-être un peu plus à ceux qui ressentent une poussée de nostalgie chaque fois que l'on mentionne Splinter Cell dans une phrase.


Le fait est que le scénariste Derek Kolstad a quelques idées narratives qui fonctionnent dans cette série et que le développement général de l'intrigue est assez divertissant. Mais les séquences d'action ne sont pas toujours très Splinter Cell, les dialogues et les performances sont tellement apathiques et froids (comme devraient l'être des tueurs entraînés) qu'il n'y a jamais beaucoup d'émotion qui transparaît, et la technique d'animation et la façon dont l'ensemble de la série est assemblé sont maintenant si familières qu'il devient de plus en plus difficile de faire la distinction entre cette série et Tomb Raider, par exemple.
Ce n'est pas du tout une mauvaise série, c'est tout simplement de la bonne télévision, mais c'est aussi le problème car ce n'est jamais rien de plus. Elle est familière et prévisible, regardable mais pas impressionnable, et bien qu'elle donne un nouveau souffle à la franchise Splinter Cell, ce n'est vraiment pas le retour à la forme que beaucoup espèrent. Regarde-le ou ne le regarde pas. Ce n'est pas une série à regarder absolument, mais elle n'est pas non plus assez mauvaise pour être évitée à tout prix. Peut-être que ce niveau de médiocrité est un péché en soi...
Gamereactor France