Saccharine
Le « body shaming » et le « looksmaxxing » sont au programme de ce nouveau film d'horreur queer australien.
Quelqu’un a dit « horreur corporelle » ? Me voilà reparti pour un tour, à rabâcher sans arrêt sur cette année bénie pour l’horreur, parce que tu sais quoi ? Ça n’en finit tout simplement pas. Cette année, dans le genre horreur, on a eu Obsession, Evil Dead Burn et The Mummy de Lee Cronin, pour n’en citer que quelques-uns. Et voilà qu’arrive * Saccharine*, qui est apparemment une coproduction entre l’Australie et la Finlande. Tu n’en as pas entendu parler ? Moi non plus, jusqu’à il y a quelques semaines. Je suis tombé par hasard sur une critique et ça a piqué ma curiosité, et j’en suis super content. À sa manière, * Saccharine * rappelle *The Substance* et tout un tas d’autres films d’horreur corporelle, mais il apporte quelque chose d’unique au genre.
Hana, une étudiante en médecine malheureuse en amour, se laisse entraîner dans une mode de perte de poids extrême qui promet des résultats rapides. Peu après, elle commence à être hantée par un esprit affamé lié au rituel. Alors que la frontière entre le corps, la culpabilité et la possession surnaturelle s’estompe, elle est obligée d’affronter les conséquences de son obsession.

Un nouveau type de pilule brûle-graisses. Des effets secondaires peuvent survenir…
Natalie Erika James est aux commandes, et elle a déjà réalisé les films d’horreur Relic et Apartment 7A (une préquelle de Rosemary’s Baby). Dans le rôle de Hana, on retrouve Midori Francis, connue notamment pour son rôle dans Grey's Anatomy, et elle est absolument géniale dans ce rôle. Les autres acteurs du casting, dont Madeleine Madden et Robert Taylor, livrent eux aussi des performances solides.
Dans * Saccharine*, on surfe sur la vague du cannibalisme, mais d’une manière inattendue et différente. C’est assez grotesque, mais pas à cause de la violence en soi ni des scènes où les consultations médicales impliquent d’ouvrir des torses ; le côté grotesque réside plutôt dans les ballonnements. Tu n’auras pas vraiment envie de bonbons en regardant * Saccharine*, ni de gâteau d’ailleurs. De rien, en fait. Si tu es facilement dégoûté, je te conseille de garder les snacks à distance.

Une histoire charmante, même si elle semble un peu tirée par les cheveux au début.
Il y a de quoi aimer ce film. * Saccharine * est un film d’horreur corporelle queer mettant en scène des personnages intéressants. C’est imprévisible, et les éléments d’horreur sont stylés et, parfois, dérangeants, mais je ne trouve pas ça si désagréable que ça. C’est aussi à la fois triste et d’actualité, avec comme thèmes le « body shaming » et le « looksmaxxing ». Ça reflète une société malsaine avec beaucoup de style. La petite histoire d’amour semble au départ, si ce n’est forcée, du moins un peu simpliste. On a presque l’impression d’une faille dans l’intrigue quand l’entraîneur de Hana tombe amoureux d’elle alors qu’il sait qu’elle triche en prenant des substances dopantes. Mais ça apporte quand même quelque chose à l’histoire, et si tu acceptes que ça se passe un peu trop bien, c’est un ajout intéressant à une histoire déjà captivante.
J’aurais aimé un peu plus de malaise, mais je suis prêt à fermer les yeux là-dessus, car * Saccharine * est divertissant du début à la fin et offre aussi une fin que j’apprécie. Alors, si t’es d’humeur pour du body horror et des fringales, garde un œil sur * Saccharine*.
Gamereactor France