Pressure
Le réalisateur de « Hotel Mumbai » nous propose un drame haletant, inspiré de faits réels, où se mêlent une lutte acharnée contre les nazis et des rafales de vent imprévisibles.
Je suis toujours content quand je vois Brendan Fraser. J’adore cet acteur depuis que j’ai vu « La Momie » au ciné quand j’avais douze ans, et j’ai toujours trouvé qu’il avait un charisme incroyable à l’écran et qu’il savait vraiment bien jouer. Son retour au grand écran était très attendu, et sa prestation dans *The Whale*, un film triste mais un peu surestimé, était en fait assez brillante. Mais cette critique ne porte pas sur sa carrière d’acteur ; elle concerne un nouveau drame sur la Seconde Guerre mondiale, vu cette fois sous l’angle de la météorologie.
J’allais écrire que c’est le premier drame au monde sur les météorologues, mais il y a déjà *The Weather Man* de Gore Verbinski, avec Nicolas Cage, et sûrement plusieurs autres. C’est un métier qui mériterait qu’on en parle un peu mieux, vu que la plupart des gens pensent que leur boulot consiste juste à lécher leur doigt, à le pointer vers le ciel et à deviner s’il va pleuvoir, grêler ou s’il va y avoir une tempête. Mais c’est pas tout à fait aussi simple que ça.
Pressure, résumé en quelques phrases : « Dans les dernières heures avant le jour J en 1944, le sort du monde libre ne tient qu’à un fil. Le général Dwight D. Eisenhower (Brendan Fraser) et le capitaine James Stagg (Andrew Scott) sont confrontés à un choix difficile et décisif : lancer la gigantesque opération Overlord, ou risquer de perdre la guerre. Stagg est le météorologue en chef de la RAF, et quand il annonce une prévision critique de temps orageux sur la Manche, ça déclenche un conflit tendu avec les chefs alliés : faut-il reporter le débarquement ? »

Eisenhower ressent toute la pression dans * Pressure*.
Ça te donne des frissons ou tu trouves que le sujet a l’air ennuyeux ? Pour moi, ça sort du lot, et j’adore les drames sur la Seconde Guerre mondiale, donc c’était presque une évidence que je le regarde. Anthony Maras est le réalisateur ; il a fait ses débuts au cinéma en 2018 avec *Hotel Mumbai*, avec Dev Patel dans le rôle principal, un film qui s’inspirait lui aussi de faits réels.
Dans * Pressure*, Fraser livre une superbe interprétation d’Eisenhower, qui a le dernier mot sur la décision de lancer ou non le débarquement, alors que tout dépend (ce que personne n’avait peut-être anticipé, ou que le public n’avait même pas envisagé) de la météo. C’est le plus infime des détails qui s’avère vraiment décisif, et Irving Krick, joué par Chris Messina, se sent rabaissé quand son expertise météorologique, qui repose presque exclusivement sur des données historiques, est remise en question par le météorologue en chef de la RAF, Staff, joué par Andrew Scott. Il insiste pour qu’ils rassemblent des données météo récentes provenant de pratiquement tous les coins du monde afin de mener une analyse approfondie de la façon exacte dont le vent souffle autour de la Normandie, pour déterminer si un débarquement est même envisageable ou s’il s’agit d’une pure mission suicide avant même qu’un seul coup de feu n’ait été tiré.

Tous ceux qui ont déjà fait un exposé en classe savent ce que ça fait.
Parfois, Scott est génial, parfois un peu raide, mais dans * Pressure *, il s’en sort très bien. Staff reçoit une aide inattendue de Kay, jouée par Kerry Condon, la secrétaire d’Eisenhower, et c’est là le seul personnage féminin marquant du film, ce qui en soi n’est guère surprenant. Ces salles étaient réservées aux hommes, tout comme une grande partie de l’appareil de guerre.
«Pressure est relativement court (100 minutes), mais je trouve que sa durée joue en sa faveur. Quand la tension monte, c’est très efficace. Par exemple, vers la fin, alors que le temps presse pour prendre une décision, on a droit au montage classique de visages inquiets sur fond de musique pleine de suspense. C’est pareil pour les quelques scènes de guerre qui apparaissent, qui sont vraiment bien réalisées. J’aurais toutefois aimé un peu plus de contexte et d’explications sur la mission d’entraînement d’ouverture et fatidique, l’Opération Tiger, qui s’est apparemment transformée en massacre. C’est un prologue vraiment tendu et bien ficelé, mais j’aurais aimé qu’il soit davantage développé et expliqué plus en détail.

Il y a des passages où le rythme ralentit et, à un moment donné, mon intérêt faiblit un peu. Mais dans l’ensemble, le film réussit à créer une vraie tension autour de la météo, un sujet qui me fascine et qui occupe une place énorme dans les conversations de tous les jours. Les performances des acteurs et les dialogues rehaussent encore le tout, et j’apprécie aussi l’aspect émotionnel qui, sans trop en dévoiler, se concentre sur la vie privée de Stagg, où il refoule en fait ses sentiments et ses peurs d’une manière presque surhumaine pour fournir des données qui pourraient sauver des milliers et des milliers de vies et s’avérer décisives pour l’avancée des Alliés. C’est à la fois beau et triste. * Pressure * est loin d’être le meilleur film sur la Seconde Guerre mondiale que j’ai vu, mais il offre un point de vue intéressant et est vraiment bien réalisé.
Gamereactor France