Fading Echo
Le jeu d'action-aventure et de rôle d'Emetria et New Tales, c'est une expérience sympa et pleine de vie qui te ramène aux joies simples des jeux d'antan.
Né de la collaboration entre le développeur Emetria et l'éditeur New Tales, dont les équipes sont composées d'anciens de chez Ubisoft, de développeurs d'Arkane et de personnes qui ont passé des décennies à travailler dans le monde du jeu vidéo, Fading Echo avait d'abord été imaginé comme un jeu de rôle sur table. Cette idée a été abandonnée, mais l'univers a été conservé et transformé en un RPG d'action-aventure solo où tu incarnes un jeune héros courageux capable de se transformer en eau à volonté.
Dans un monde sur le point d’être envahi par une substance mystérieuse et hostile connue sous le nom de « Paradox », notre héros, One, doit récupérer de l’éther provenant d’autres mondes, appelés « Shards », et le ramener au Bastion (en gros, ta base/ton centre de commandement) pour mettre fin à la corruption et sauver son monde désertique. Le monde de Corel regorge d’ennemis élémentaires, et notre héros trouve des alliés attendus et inattendus parmi une distribution de personnages secondaires, peu nombreuse mais prestigieuse.
Je trouve presque étrange que « Fading Echo soit qualifié de « RPG » dans la description du jeu. C’est sans doute juste un vestige de ses origines de jeu de rôle sur table, une « Fading Echo, si tu veux, mais qui risque d’amener les joueurs à s’attendre à quelque chose qu’ils ne trouveront pas en lançant le jeu. À part un arbre de compétences, tu ne trouveras pas grand-chose qui relève du jeu de rôle dans ce titre. L’histoire est linéaire, l’univers est explorable mais pas ouvert, et tu ne pourras pas définir le personnage de One, quoi que tu fasses. Fading Echo est bien plus un jeu d’aventure, voire parfois, plus précisément, un jeu de plateforme et de casse-tête, mais même s’il ne s’agit pas d’un RPG au sens où la plupart s’y attendraient, ça reste une expérience très agréable et un jeu d’aventure super solide.
Les combats sont rapides et bien rythmés. Ils ne sont pas trop punitifs, mais ils ne sont pas non plus d’un ennui mortel. Les types d’ennemis commencent par des masses informes très simplistes et maladroites, puis évoluent vers des dinosaures bien trop impatients de te donner des coups de tête, des tentacules fixés à des têtes de foreuse, des cyclopes en combinaison, et bien d’autres encore. Une dimension supplémentaire est apportée au combat par les éléments attribués aux ennemis et les pouvoirs que One peut utiliser. Chaque élément a son propre effet de statut : trop d’eau et un ennemi se solidifie, il est alors tué instantanément en quelques coups. Trop de feu, ils brûlent. Trop d’acide, ils s’affaiblissent. Tu peux aussi les combiner. L’acide et le feu étourdissent un ennemi et lui infligent d’énormes dégâts via une explosion, par exemple. À l’inverse, ces effets de statut (à l’exception de l’eau) peuvent aussi t’affecter. Ce n’est pas le système de combat le plus complexe, et sur le niveau de difficulté le plus facile, tu peux te contenter d’enchaîner les attaques et les esquives à volonté, mais le gameplay de base reste toujours aussi fun et gratifiant, avec de nouvelles mécaniques et de nouveaux ennemis qui surgissent juste au moment où tu pensais avoir trouvé la combinaison élémentaire parfaite.

Il en va de même pour l’exploration de l’environnement et les énigmes. Quand tu ne combats pas d’ennemis dans * Fading Echo*, tu cherches des moyens de franchir des portes ou de faire passer un prisme qui actionnera un mécanisme d’un bout à l’autre d’une pièce. Là encore, chaque élément que tu peux absorber sous ta forme aqueuse te sera utile, et même si aucune énigme n’est d’une difficulté frustrante, elles sont toutes gratifiantes. Fading Echo ne suit jamais non plus la voie de God of War. Personne ne te donne la solution d’une zone où tu es bloqué depuis quelques minutes. Le jeu ne te donne que très peu d’explications sur ses mécanismes et comment les utiliser. À la place, tu découvres tout ça par toi-même, en disposant dès le début de presque tous les outils dont tu as besoin. Ça rend l’expérience bien plus satisfaisante pour le joueur, même si tu ne résous pas les énigmes les plus complexes que tu aies jamais vues.
Fading Echo L'univers du jeu est extrêmement agréable, en grande partie grâce aux graphismes éclatants des royaumes fracturés et des différents biomes qu’on explore au cours de l’aventure de One. Les couleurs sont superbement mises en valeur dans les graphismes du jeu. Les couleurs des différents éléments, des environnements, tout ça ressort vraiment bien, ce qui te donne l’impression d’avoir enfilé des lunettes roses et de redécouvrir pour la première fois un jeu de ton enfance. J’aime particulièrement le look de One quand tu entres dans différents royaumes, car leur apparence a une esthétique rose fluo que j’aimerais presque pouvoir garder tout au long du jeu. Sur le plan stylistique, * Fading Echo * est unique et bien conçu, même si certains éléments, comme les présentations d’ennemis à la *Borderlands*, semblent un peu dépassés de nos jours. Les cinématiques de style bande dessinée sont toutefois un excellent moyen de contourner un budget plus modeste, et le design des personnages est souvent immédiatement captivant.

Fading Echo C’est un jeu qui comporte plein de super éléments, mais malheureusement pour moi, j’ai trouvé qu’il lui manquait le fil conducteur qui fait la cohésion de beaucoup de jeux similaires, car il ne parvient pas vraiment à te faire t’investir dans son histoire. « Fading Echo a tous les ingrédients d’un récit intéressant, et on voit bien ce qu’Emetria cherche à faire. C’est à la fois un récit d’apprentissage et un drame familial. Le personnage dépend de sa mère pour survivre, mais quand il acquiert ses pouvoirs liés à l’eau, il doit soudainement devenir celui sur qui repose tout un monde. Le problème, c’est que bon nombre de ces thèmes centraux, de ces idées et de ces dynamiques entre les personnages ne sont pas très bien cernés. Il y a un sentiment de flou qui nuit au récit de Fading Echo, ce qui fait que quand tu arrives vers la fin du jeu et que tu atteins les moments forts sur le plan émotionnel, ils ne te touchent pas autant que je l’aurais souhaité. C’est assez difficile à expliquer sans avoir vécu l’histoire toi-même, mais on a l’impression qu’à un moment donné, l’équipe aurait dû prendre un peu de recul et mettre l’accent sur les aspects humains et accessibles de l’histoire, car la plupart des dialogues entre les rares cinématiques que tu vois se concentrent d’abord sur le décor.
C’est un peu le genre de jeu où l’univers passe avant l’histoire, avec plein de mots inventés qui t’arrivent dessus et qui comptent bien plus pour les personnages que pour toi. Le problème, c’est qu’on s’intéresserait aux fragments, à l’éther, au bastion et à tout le reste si on avait d’abord bien compris pourquoi toute cette aventure compte pour One. Tout ce qu’on voit vraiment de leur monde, c’est un désert et une ruine, sans qu’on te montre grand-chose d’autre qui vaille la peine d’être conservé. C’est un peu comme si le God of War de 2018 ne parlait que de sauver Midgard, sans s’attarder sur la relation père-fils. Tu ne vois personne d’autre à Midgard dans ce jeu, donc l’univers donne davantage l’impression d’être là pour être exploré plutôt que pour être sauvé. Le cadre de *Fading Echo*, à Corel, crée une impression similaire. La distribution, qui compte des poids lourds du doublage comme Samantha Béart, Laura Bailey, Matt Mercer et Liam O’Brien, se donne à fond pour essayer de te faire entrer dans l’histoire, mais les détails de l’intrigue ne sont pas assez bien cernés pour que tu restes accroché.

Si l’on fait abstraction des critiques sur le récit un peu trop long et du manque d’éléments RPG, * Fading Echo * est une aventure fun et rythmée qui exploite à merveille ses mécanismes de base. Ses combats sont satisfaisants sans pour autant miser sur une difficulté accrue via des barres de vie gigantesques ou des essaims d’ennemis. Ses énigmes sont toujours un excellent prétexte pour mettre en valeur ses mécanismes élémentaires, et j’aurais volontiers exploré cet univers deux fois plus longtemps qu’il ne m’a fallu pour voir le générique défiler. Un jeu qui cherche davantage à être la meilleure version de lui-même qu’à t’attirer avec les genres à la mode d’aujourd’hui, « Fading Echo vaut vraiment le détour.
Gamereactor France