Cours de conduite
Ce film comique sur le passage à l'âge adulte est parfait pour ceux qui ont envie de revivre l'ambiance de Superbad.
Je me suis pas mal exprimé sur l’état de la comédie au cinéma et à la télé, et sur le fait que les grands noms semblent trop s’appuyer sur leurs formules éprouvées (et un peu usées), ce qui donne au final des projets plutôt médiocres et pas vraiment mémorables. Cela dit, il y a un fossé énorme entre ces films et séries bien établis, presque captivants, et les productions à plus petite échelle portées par des visages plus jeunes et moins connus. Mais peut-être que ça devrait changer ?
La dernière génération d’icônes de la comédie s’est construite sur des projets plus « indés » comme *Superbad*, *American Pie* ou *Scary Movie*, et pourtant, on ne voit plus ce genre de films et de séries se faire aussi souvent qu’avant. C’est aussi pour ça que *Driver’s Ed* m’a semblé être une bouffée d’air frais : on a là une distribution largement inconnue qui se lance dans une aventure loufoque à la *Superbad*, où l’échelle est réduite mais où le développement des personnages est énorme. C’est un film qui repose sur les liens entre ses quatre personnages principaux, et pour faire simple, le résultat final, c’est une virée plutôt divertissante et hilarante dans une petite ville américaine.

En gros, l’intrigue tourne autour de quatre lycéens qui volent la voiture de leur cours de conduite pour qu’un des passagers puisse rendre visite à sa copine, qui vient d’entrer à l’université et habite à plusieurs heures de route. Il refuse d’admettre l’état de sa relation, alors que les trois autres passagers voient bien que ça bat de l’aile, mais il veut leur prouver qu’ils ont tort, ce qui déclenche une aventure où ces conducteurs inexpérimentés parcourent quelques centaines de miles pour que les choses se clarifient.
On ne parle pas d’une aventure exagérée ou ridicule ; on suit plutôt le groupe alors qu’ils partagent leurs réflexions sur leur vie, grandissent en tant qu’individus, apprennent à mieux se connaître et vivent un parcours de développement personnel. Tout ça s’accompagne de moments plus fous, comme des courses-poursuites avec un flic, le casse-tête de tomber en panne d’essence, et aussi les difficultés d’apprendre le code de la route sans prof à tes côtés. Encore une fois, le truc, c’est qu’on ne parle pas ici d’une aventure à la « Fast and Furious ». C’est terre-à-terre, c’est honnête, c’est humain et vrai, et tout ça transparaît clairement quand tu rejoins le groupe dans son passage à l’âge adulte.
On retrouve ici des archétypes de personnages bien définis, notamment le héros cool incarné par Sam Nivola dans le rôle de Jeremy, la copine populaire incarnée par Sophie Telegadis dans le rôle d’Evie, le fumeur de joints décontracté incarné par Aidan Laprete dans le rôle de Yoshi, et la major de promotion irréprochable incarnée par Mohana Krishnan dans le rôle d’Aparna. C’est une série d’archétypes plutôt familière, mais je ne vais pas la critiquer parce qu’en pratique, ça marche toujours à merveille et ça sert de base solide pour construire un film comique. On retrouve aussi quelques autres acteurs de second plan, comme Molly Shannon, Kumail Nanjiani et Tim Baltz, qui incarnent des adultes plus caricaturaux et exubérants, ce qui fait un peu contraste avec les ados plus normaux. C’est à partir de ces derniers que s’articulent les moments de comédie excentrique, qui sont moins fréquents et fonctionnent bien en tandem avec l’humour plus authentique des jeunes.

Alors oui, dans l’ensemble, on parle d’une comédie dans la veine de *Superbad*, où les insultes pleines d’esprit, la bêtise des ados et les adultes excentriques se mélangent pour créer une aventure divertissante. Ce n’est pas la meilleure comédie que tu verras jamais, mais elle est bien rythmée et offre 100 minutes de cinéma agréables, où, quand le générique défile, tu te sens ravi du moment que tu as partagé avec cette jeune distribution. Ça rappelle un peu *The Breakfast Club* par certains aspects, *Ferris Bueller* par d’autres, et on sent l’inspiration de John Hughes par moments, même si les éléments modernisés sont toujours présents, notamment quand les personnages parlent des antidépresseurs qu’ils prennent en ce moment…
C’est sans aucun doute une comédie moderne, mais elle te semble familière par moments, et au final, ce que le scénariste Thomas Moffett et le réalisateur Bobby Farrelly ont mis sur pied, c’est un film divertissant, plein de rires et de fous rires. Ça vaut le coup de le regarder si tu cherches un peu de divertissement pour ta soirée.
Gamereactor France