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Lanterns

Lanterns - Épisode 1

Kyle Chandler et Aaron Pierre tiennent les rôles principaux dans cette nouvelle série de DC Universe, où ils incarnent les héros de la « Green Lantern : Hal Jordan et John Stewart.

Bon, laisse-moi clarifier un truc avant même de commencer cette critique. Avant même d’avoir vu le premier épisode d’ Lanterns, j’étais déjà convaincu que DC Universe ne s’était pas vraiment donné les moyens de réussir. C’est vrai, le premier film sorti en salles était *Superman*, et c’est exactement le genre de film qu’il faut pour lancer un nouvel univers, d’autant plus que c’était un film plutôt sympa à regarder. Mais quand on voit que les autres projets de « lancement » comprennent la série animée *Creature Commandos*, une deuxième saison de *Peacemaker* un peu déroutante (au niveau de la chronologie), un film *Supergirl* franchement nul et complètement à côté de la plaque, un film d’horreur *Clayface* au style plutôt indie, et enfin une série « Green Lantern » dans le style de « True Detective », tout ça me donne vraiment l’impression d’un plan sans objectif final clair.

Je dis ça même si « Creature Commandos » était excellent, que « Peacemaker » est toujours sympa, que « Superman » était divertissant, et que les prémisses de « Lanterns et de « Clayface » semblent géniales. Je ne remets pas immédiatement en cause la qualité de chaque projet en particulier, mais je m’interroge plutôt sur l’objectif global et sur le fait que, en tant qu’univers cinématographique, l’Univers DC, après quelques années, repose sur des fondations moins évidentes et moins passionnantes que celles de l’Univers étendu de DC. Et je tiens à préciser que le DCEU était déjà en train de dérailler assez tôt…

Si je te parle de tout ça, c’est parce que le premier épisode d’ Lanterns m’a paru un peu inégal. D’un côté, on a un postulat de départ vraiment intrigant au cœur de la série, comme je l’ai dit plus tôt : une collision entre la formule de True Detective et le Green Lantern Corps. À ça s’ajoutent des performances de qualité, notamment celles de Kyle Chandler dans le rôle de Hal Jordan et d’Aaron Pierre dans celui de John Stewart, pour ne citer que deux exemples, tout en gardant à l’esprit que le récit se concentre davantage sur ce qui doit être expliqué plutôt que de ressasser des éléments que n’importe quel fan de BD connaît déjà. Un peu comme pour Superman, * Lanterns * n’est pas une histoire d’origine qui raconte comment Hal Jordan est devenu le premier Green Lantern de la Terre ; la série met plutôt en avant cette version du personnage bien des années plus tard, et comme un individu nettement plus réaliste qu’à ses débuts.

Mais ce postulat a aussi ses défauts, car il laisse de côté plusieurs décennies d’histoire sans qu’on ait l’impression qu’on compte les aborder. Comme pour Superman, même si une histoire d’origine pure et simple peut sembler un peu trop prévisible de nos jours, j’ai envie de savoir ce qui est arrivé à Hal Jordan lors de ses premières missions hors de la Terre, j’ai envie de voir comment il rencontre pour la première fois les Corps rivaux, j’ai envie d’en savoir plus sur la version la plus célèbre de Green Lantern, d’autant plus que Chandler offre une excellente interprétation du héros. Et pourtant, si tu as jeté un œil aux réseaux sociaux depuis la première, tu sais sûrement qu’ Lanterns ne retrace pas toute la carrière de Hal Jordan en tant que Green Lantern, mais plutôt ses derniers jours en tant que héros…

Ouais, DC Studios a décidé de faire mourir l’un de ses personnages les plus emblématiques dès le premier épisode d’une nouvelle série, alors que leur univers vient tout juste d’être relancé. Écoute, c'est peut-être pas Hal Jordan qu'on a vu figé dans la neige, mais plutôt un coup monté pour choquer le spectateur, mais si c'est la fin de cette aventure, je peux pas m'empêcher de me demander encore une fois si DC a une idée claire de la direction qu'il veut donner à ce nouvel univers. À une époque où les vrais héros emblématiques et célèbres se font rares, on a un avant-goût de l’un des plus grands noms, on en vient à adorer la façon dont il était présenté, et puis on nous l’arrache. Pour moi, c’est tout simplement une construction d’univers vraiment déroutante.

Mais au-delà de cette mise en place un peu bizarre, je vais quand même rendre à « Lanterns ce qui lui est dû, parce que c’est une série un peu dans la veine de «The Penguin». C’est un projet qui sait ce qu’il veut être et qui ne semble pas trop se soucier de satisfaire les fans de BD qui veulent quelque chose de plus décalé. On nous envoie dans le Midwest américain, franchement au milieu de nulle part, et on nous plonge dans une histoire mêlant fusillade dans un lycée, milice locale et meurtres macabres, et la seule chose qui trahit le fait qu’il s’agit d’un projet DC et non d’un nouvel épisode de « True Detective », c’est l’anneau vert lumineux au doigt de Hal Jordan et le fait que les extraterrestres semblent être responsables, dans une certaine mesure, de toute cette misère.

Alors oui, il faut rendre hommage aux créateurs pour leur vision de ce que cette série pourrait et devrait être, car en tant qu’histoire autonome, tous les éléments sont réunis pour que * Lanterns * soit remarquable. C’est brut, c’est sérieux, c’est sombre, ça ne mâche pas ses mots, et c’est tout ce que j’attends d’un univers de super-héros qui ne donne pas l’impression d’avoir été conçu principalement pour les enfants et les ados. À tous ces égards, on voit clairement que DC connaît bien le type de fans qui connaissent Green Lantern aujourd’hui, et au lieu d’essayer d’inspirer une nouvelle génération avec des répliques pleines d’esprit, des images vives et colorées et des scènes d’action extravagantes, on découvre plutôt des personnages franchement désagréables qui foncent à travers le monde comme bon leur semble, on a une utilisation plus modérée des pouvoirs, et tout ça avec une palette de couleurs sobre, adaptée aux tons bruns et gris du Midwest.

Présenter les choses ainsi peut donner l’impression qu’ Lanterns est un peu ennuyeux, mais en réalité, on a l’impression d’une série faite pour un public adulte et mûr, à la recherche de projets de super-héros qui racontent des histoires adaptées à leur âge et à leurs centres d’intérêt. Ce n’est pas *Moon Knight* ni même *Superman & Lois*, ça ne ressemble même pas aux deux derniers films *Superman* et *Supergirl*, et ce sont autant de raisons de célébrer et de mettre en avant * Lanterns*. Mais encore une fois, il y a cet élément primordial qu’il faut garder à l’esprit : est-ce qu’ Lanterns sera aussi un outil progressiste efficace pour l’univers DC dans son ensemble ? À en juger par les décennies qu’il a déjà sautées et par le fait que Hal Jordan semble déjà mort, je ne suis pas tout à fait convaincu que ça marchera sur ce plan-là.

C'est pourquoi, pour boucler la boucle, « Lanterns me laisse un sentiment mitigé après ce premier épisode.

07 Gamereactor France
7 / 10