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Celestial Return

Celestial Return

On a testé un jeu qui en fait un peu trop et qui se prend les pieds dans une série de choix de gameplay discutables.

Il y a les jeux qui s’inspirent des classiques, et puis il y a ceux qui fondent presque toute leur identité sur eux. « Celestial Return fait partie de cette dernière catégorie. Dès le début, on voit clairement que les développeurs ont joué à fond à Disco Elysium et Citizen Sleeper. C’est un univers cyberpunk pluvieux, rempli de réflexions existentielles, de personnages bizarres et d’horreurs cosmiques, où les dialogues occupent le devant de la scène et où presque toutes les décisions se jouent aux dés. Le seul problème, c’est que le jeu n’arrive jamais vraiment à passer de l’hommage à quelque chose qui lui est véritablement propre.

Howard et ses sens expressifs – un procédé qu’on a déjà vu plusieurs fois.

Ça ne veut pas dire qu’ Celestial Return manque de qualités. Bien au contraire. La construction de l’univers est, par moments, fantastique. Netherveil est une ville qui respire la décadence, le désespoir et la dystopie corporatiste, et les décors parviennent souvent à donner l’illusion d’un endroit où tout est au bord de l’effondrement. Le style graphique est élégant, l’ambiance sonore est parfaite, et plusieurs personnages du jeu sont bien plus vivants que ce à quoi je m’attendais. Il y a clairement une vision créative ici, et c’est facile à apprécier.

De quoi parle le jeu ? Eh bien, dans * Celestial Return *, on suit Howard, un ancien détective, qui, avec Daisy, une fleur parlante un peu bizarre, tente de résoudre une série de morts mystérieuses dans la ville dystopique de Netherveil. Plus l’enquête avance, plus il devient évident que ces affaires sont liées à d’anciennes forces cosmiques qui permettent aux gens de manipuler la réalité, d’influencer les esprits et de défier les lois de la nature. On se rend vite compte que Howard et Daisy sont pris dans un complot qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le monde entier.

Netherveil est le cadre de cette aventure.

Le principe central du système, c’est que les dés servent à bien plus qu’à simplement déterminer si tu réussis ou échoues dans diverses actions. Ces mêmes dés sont aussi utilisés comme une ressource limitée, voire comme monnaie d’échange. Sur le papier, ça a l’air d’être un moyen astucieux de créer du suspense, mais en pratique, ça mène surtout à de la frustration. Chaque décision se résume à se demander si ça vaut vraiment le coup d’enquêter sur quelque chose d’intéressant, car quelques mauvais lancers de dés peuvent te laisser sans aucune possibilité d’avancer. À plusieurs reprises, je me suis retrouvé dans des situations où la solution la plus efficace était de recharger une ancienne sauvegarde. Quand un jeu encourage le « save scumming » plutôt que la résolution créative des problèmes, c’est que l’équilibre est rompu.

L’histoire, elle aussi, ressemble à un tour de montagnes russes. Les dialogues sont souvent bien écrits et le jeu ose être à la fois étrange et philosophique, mais en même temps, on a l’impression que les développeurs se sont un peu trop pris la tête avec leur propre scénario. Le rythme traîne en longueur, les conversations s’éternisent plus que nécessaire et, au final, tous les personnages ne sont pas assez intéressants pour justifier ces énormes quantités de texte. Par moments, je restais surtout là à attendre de pouvoir recommencer à jouer.

Et puis, il y a tout un tas de petits désagréments qui, mis bout à bout, sont difficiles à ignorer. La gestion de l’inventaire est un peu lourde, l’interface aurait pu être bien plus claire, et la finition technique laisse un peu à désirer. Aucun de ces problèmes n’est catastrophique en soi, mais ensemble, ils créent une expérience qui est constamment agaçante.

Daisy, qu’on rencontre dès le début de l’aventure, vit dans la poche de Howard et joue un rôle central dans l’histoire.

C’est presque dommage, car * Celestial Return * démontre à maintes reprises le potentiel qui se cache ici. Quand le récit, la musique et l’atmosphère dystopique s’accordent, le jeu réussit à créer précisément ce sentiment intense de désespoir et de curiosité dont le genre se nourrit. Mais ces moments ne sont jamais assez fréquents pour compenser un système de jeu qui semble souvent contre-productif et une structure qui se met souvent des bâtons dans les roues.

Je pense que beaucoup de gens apprécieront bien plus « Celestial Return que moi, surtout s’ils ont soif de jeux de rôle cyberpunk axés sur l’histoire. Pour ma part, j’ai surtout l’impression que c’est un jeu qui a compris ce qui faisait la qualité de ses modèles, mais pas vraiment pourquoi ils marchaient. Le résultat, c’est un premier opus compétent et très ambitieux, mais qui nous rappelle aussi à quel point c’est difficile de sortir de l’ombre des jeux qu’on essaie d’imiter pour créer quelque chose qui t’est propre.

05 Gamereactor France
5 / 10
+
Visuellement attrayant. Une ambiance sombre. Une super bande-son. Des personnages intéressants.
-
Les dés, par contre, c’est vraiment le talon d’Achille du jeu. La narration part dans tous les sens. Le système d’inventaire laisse à désirer.