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Leviticus

Leviticus

Un réalisateur qui signe son premier long-métrage te plonge dans un malaise grandissant avec ce film d’horreur queer inspiré de *It Follows*.

Les Australiens s’y connaissent un peu en matière d’horreur. Wolf Creek, We Bury the Dead, Wyrmwood, Daybreakers, Talk To Me, The Babadook… les exemples ne manquent pas, et maintenant il y a * Leviticus*, créé par les producteurs des deux derniers films cités. Mais de quoi ça parle ? Pour faire simple : deux ados se font soumettre à un exorcisme « bien intentionné », et peu après, ils sont traqués par une entité malveillante qui prend l’apparence de la personne qu’ils désirent le plus.

Ces deux-là s’en sortent vraiment bien.

Adrian Chiarella est le réalisateur, et * Leviticus * marque ses débuts au cinéma – et je suis ravi de dire que c’est plutôt réussi. Dans le rôle principal, on retrouve Joe Bord dans la peau de Naim, que tu reconnaîtras sûrement pour son rôle dans *Talk To Me*. Stacy Clausen, qui a joué dans le film d’horreur Netflix *Thrash*, incarne Ryan, l’amoureuse de Naim, tandis que la mère de Naim est jouée par Mia Wasikowska, que tu connais peut-être pour ses rôles dans *Alice au pays des merveilles* et *Crimson Peak*. Le jeu des acteurs dans * Leviticus * est d’un très haut niveau et rend l’expérience encore plus captivante.

Le principe est simple mais très stylé. Ça te rappelle *It Follows* ? Pas qu’un peu, je dirais. Mais ça ne me dérange pas, parce que * Leviticus * arrive à voler de ses propres ailes et propose une approche intéressante du sujet. Le film regorge aussi de critiques sociales sous forme de piques à la fois contre le fondamentalisme chrétien et l’homophobie, et intégrer ce genre de thèmes dans ce type de film peut être un peu risqué selon la façon dont c’est fait. Ici, je trouve vraiment que ça enrichit le film et lui donne une autre dimension, sans jamais paraître forcé, donc c’est un gros plus.

En plus du jeu d’acteurs superbe, le film parvient à créer une super ambiance, avec un malaise qui s’installe petit à petit et des nerfs à fleur de peau quand tu t’y attends le moins. Il y a aussi une tristesse sous-jacente dans le récit, centrée sur le thème de l’aliénation. Des jeunes qu’on ne comprend pas, un amour que le monde des adultes et leur entourage jugent inacceptable. Il y a aussi cette vulnérabilité, où l’essence même du film devient le reflet de quelque chose à la fois plus grand et plus dangereux, sans oublier la condamnation de leurs proches. Franchement, c’est stylé, vraiment stylé.

Coucou !

Comme je l’ai dit, ça rappelle beaucoup *It Follows*, mais pas d’une manière qui me dérange. Je dirais que * Leviticus * est un film d’horreur queer qui mélange *It Follows*, *L’Exorciste* et *Talk to Me*. Même si le rythme n’est pas toujours effréné, l’histoire est racontée avec efficacité et tu es scotché à ton siège ; les moments d’horreur sont bien menés et le film cherche davantage à créer une atmosphère inquiétante qu’à miser sur des sursauts répétitifs, même s’il y en a quand même quelques-uns.

Ce qui fait baisser la note, c’est que le dernier acte, comme c’est souvent le cas dans le genre, est un peu moins convaincant. Ça va un peu trop vite, et les personnages agissent de manière irrationnelle et stupide. J’aurais aussi aimé un peu plus de clarté sur ce qui se passe réellement, notamment le pourquoi, et sur l’identité du soi-disant « Guérisseur de la Délivrance ». Mais qui sait, peut-être que certaines questions restent en suspens en vue d’une éventuelle suite. Si c’est le cas, je serai le premier à lever la main quand on demandera qui a envie de la voir, parce que j’aurais adoré passer encore quatre-vingt-dix minutes dans cet univers.

Malgré un dernier acte un peu moins convaincant et même s’il n’est pas particulièrement effrayant, * Leviticus * est l’un des films d’horreur les plus intéressants de l’année jusqu’à présent. Va le voir.

07 Gamereactor France
7 / 10