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Power Ballad

Power Ballad

Le réalisateur de *Once* nous propose une histoire de vol de chanson, avec Paul Rudd dans le rôle d'un musicien raté.

John Carney compte beaucoup pour moi, en tant que fan de cinéma et de musique. C'était en 2006, et son film Once m'a vraiment touché au plus profond de mon cœur. L’histoire simple mais magnifique de Guy (Glen Hansard), un musicien irlandais qui rencontre Girl (Markéta Irglová), m’a fait vivre plein d’émotions, surtout grâce à la musique. Ils ont remporté un Oscar bien mérité pour la chanson « Falling Slowly », mais c’était bien plus que ça. J’ai lu depuis que Glen et Markéta s’étaient rencontrés plusieurs années auparavant lors d’un concert de son groupe, et que les deux avaient entamé une relation après le tournage de Once, qui a duré environ deux ans.

Note : Suite au succès du film, ils ont formé le groupe Swell Season. Je les ai vus en concert au Berns vers 2011, avec Eric Gadd aux claviers, et c’était un concert génial avec plein de super chansons pour ceux que ça intéresse. Mais trêve de nostalgie. Carney a réalisé plusieurs films musicaux depuis Once et revient aujourd’hui avec * Power Ballad*.

Un bref résumé du film : « Rick vit de ses vieux rêves de percer en tant qu’artiste, mais gagne sa vie en tant que chanteur de mariage. Lors d’un mariage, il rencontre Danny, une star de boys band sur le déclin. Ils se lient d’amitié autour de la musique lors d’une jam session tard dans la nuit. Quand Danny transforme la chanson de Rick en tube, ce dernier décide de se battre pour retrouver la reconnaissance qu’il estime mériter. »

Qui ne rêve pas de jouer dans un groupe de reprises ?

Comme je l’ai dit, Carney est devenu un vrai fan des films musicaux. Je n’ai pas vu *Songs from Manhattan*, *Sing Street* ni *Flora and Son*, mais *Once* m’a vraiment marqué, tout comme son drame *On the Edge*, dans lequel Cillian Murphy joue un jeune homme suicidaire. L’idée de voir Paul Rudd dans une comédie ne m’attirait pas particulièrement en soi ; mais c’est le parcours de Carney qui m’a poussé à regarder * Power Ballad*.

Passons donc à la partie de la critique consacrée au jeu des acteurs, en lien avec ce que j’ai écrit plus haut à propos de Rudd. Il fut un temps où je trouvais que Rudd était un acteur vraiment charmant et où beaucoup de ses comédies étaient plutôt divertissantes. J’ai aussi bien aimé le premier Ant-Man. Mais à un moment donné, j’ai commencé à me rendre compte que Rudd jouait en gros exactement le même rôle, quel que soit le film. Il est loin d’être le seul dans ce cas, mais j’en ai juste eu un peu marre. Mais côté positif : dans * Power Ballad*, il retrouve presque ce charme d’antan. C’est peut-être aussi parce que ce n’est pas une comédie « typique » de Rudd, vu qu’il arrive vraiment à briller un peu.

Danny Wilson est incarné par Nick Jonas, membre des Jonas Brothers, qui a notamment joué dans les nouveaux films *Jumanji* et dans *Midway*. Sans surprise, il dégage ce charme de boys band qui transparaît à l’écran, et tu as à la fois envie de le plaindre et de lui donner un petit coup de pied dans les couilles quand il vole la musique de Rick. D’autres personnages se démarquent aussi, comme les gars du groupe de reprises de Rick, où son pote Sandy, joué par Peter McDonald, est celui qui marque le plus les esprits. Marcella Plunkett, dans le rôle de Rachel, la femme de Rick, est également impressionnante.

Il y a de quoi se régaler ici. * Power Ballad * n’apporte peut-être rien de nouveau et n’est pas sans défaut, mais ce qu’il fait, il le fait bien. C’est un petit bijou léger et divertissant qui ne se prend pas trop au sérieux sans pour autant tomber dans le ridicule. Mais bon, ce n’est pas une comédie américaine, même si Rudd et Jonas tiennent les rôles principaux.

Carney prouve une fois de plus qu’il est possible de mêler drame, comédie et musique, et la scène où Rick et Danny improvisent ensemble, un peu bourrés et légèrement défoncés, est à la fois drôle et adorable. Comme tu l’as peut-être remarqué, j’ai un petit faible pour ce genre de film. Ça me rappelle « Yesterday », le film extrêmement sous-estimé et intelligent de Danny Boyle, même si les deux intrigues sont complètement différentes. J’apprécie aussi la dynamique au sein de la famille de Rick. La façon dont sa fille adolescente, d’abord boudeuse, s’ouvre peu à peu aux talents musicaux de son père, et cette femme adorable, qui le soutient tout en ayant la langue bien pendue, et qui dit en plaisantant que ça ne la dérange pas que Rick sorte avec des groupies, tant qu’il lui en parle. En plus, la chanson que Danny vole est vraiment très bonne, même si elle n’est pas tout à fait au niveau de « Once » et « Falling Slowly ».

Alors, si t’as envie de faire une pause dans une odyssée tragique, ou si t’en as temporairement marre des films d’horreur ou de requins, donne une chance à « Power Ballad. Ça vaut vraiment le coup.

07 Gamereactor France
7 / 10